Les vitraux de la Renaissance


à Chartres


Le Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours en partenariat avec le Centre international du Vitrail à Chartres présente un parcours interactif consacré au vitrail chartrain de la Renaissance. Dans le prolongement de l’exposition permanente « Les vitraux de la Renaissance à Chartres », ouverte en 2010 au Centre international du Vitrail, cette exposition virtuelle propose de découvrir ou redécouvrir l’histoire et les acteurs de cet art de lumière, témoin essentiel de la peinture monumentale religieuse de la première modernité. Cette exposition interactive s’inscrit dans le projet de recherche VITRAIL.

Financé par la Région Centre-Val de Loire et intégré au programme Intelligence des Patrimoines, VITRAIL a pour ambition l’étude et la valorisation du patrimoine vitré de la Renaissance en Val de Loire, encore trop méconnu malgré sa qualité et son importance. Une série de notices consacrées aux vitraux de la région est consultable sur la base de données ARVIVA (Art en Val de Loire, Inventaire, Valorisation et Analyse).

Un patrimoine méconnu

Chartres est invariablement associée dans l’imaginaire collectif à l’extraordinaire ensemble de verrières des XIIe et XIIIe siècles de sa cathédrale. Mais l’histoire du vitrail chartrain ne se résume pas à la période médiévale, puisque la ville conserve aussi un grand nombre de verrières de la Renaissance.

L’étude menée par Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux sur les verrières des églises Saint-Pierre et Saint-Aignan, à l’occasion de l’exposition des « Vitraux de la Renaissance à Chartres » présentée en 2010 au Centre international du Vitrail, a permis de mettre en lumière un pan important de l’histoire de la peinture sur verre en France, jusqu’alors méconnu. Ces vitraux, en majorité datés entre la fin du XVe siècle et le milieu du XVIe siècle, sont l’œuvre d’artistes renommés, tels que le peintre parisien Jean Cousin dont la présence à Chartres est attestée au début des années 1540.


















D’après Jean Cousin, L’Arbre de Jessé, fragments d’une verrière de l’église Saint-Hilaire (?), vers 1540, Centre international du Vitrail à Chartres.

Une histoire mouvementée

De la fin du XVe siècle au début du XVIIe siècle, un grand nombre de peintres-verriers vivaient à Chartres, et des concurrents venus de l’extérieur ont été appelés à y travailler, mais leurs œuvres ont été largement détruites. L’une des causes de ces pertes est la suppression de la majeure partie des monuments religieux de la ville pendant la Révolution.

Ce qui subsiste de la production de cette période se réduit principalement à deux ensembles : le triforium de l’abside de l’église Saint-Pierre (ancienne abbatiale de Saint-Père-en-Vallée) a longtemps hébergé la cinquantaine de panneaux aujourd’hui exposés au Centre international du Vitrail ; et deux verrières complètes de l’église Saint-Aignan ainsi qu’un grand nombre de scènes réparties dans six autres fenêtres. Tandis que les vitraux de Saint-Aignan, redistribués vers 1823, sont pour l’essentiel ceux qui lui étaient destinés, l’origine des panneaux remployés à Saint-Pierre au début du XIXe siècle n’est en revanche pas assurée.

L’étude méthodique de ces œuvres entreprise par les historiens de l’art permet de les classer chronologiquement, de définir leurs caractéristiques stylistiques, d’approcher les techniques en usage dans les ateliers locaux et de dégager l’apport de certains des artistes à l’origine des modèles.


















Jean Jouan, Saint Michel combattant les anges rebelles, 1547, baie 12, église Saint-Aignan de Chartres.

Des vitraux sauvegardés

À l’occasion des travaux de restauration de l’église Saint-Pierre amorcés en 1990, l’attention a été portée sur cette collection de vitraux de remploi remontés après la Révolution dans le triforium de l’église, à la place des verrières en grisaille du Moyen Âge. Ces dernières ont été restituées, et la ville de Chartres a décidé de confier au Centre international du Vitrail la mission de mettre en valeur et de rendre accessible à tous les publics cette collection exceptionnelle de vitraux de la Renaissance, en provenance d’édifices de Chartres aujourd’hui disparus.

Depuis 2010, le Centre international du Vitrail propose ainsi de redécouvrir ces vitraux de la Renaissance dans une exposition désormais permanente.


















L’Annonce aux bergers, fragments d’une verrière de l’église Saint-Pierre, vers 1500-1510, Centre international du Vitrail à Chartres.